« À 56 ans, j’ai retrouvé un CDI dans une SSII »

Quatre ans après avoir été licencié, une formation à Microsoft Dynamics AX a aidé Claude Amsili, spécialisé dans les PGI, à se remettre en selle.

« J’ai quasiment fait toute ma carrière dans les progiciels de gestion intégrés. » Claude Amsili, directeur de projet pour la SSII Edifixio depuis mi-décembre, a débuté dans les années 80. Il a développé un progiciel pour la PME dont il était le responsable informatique. Il a également été expert de PRMS, de CA (ex-Computer Associates), pendant une douzaine d’années. Sa carrière s’interrompt en 2003, lorsqu’il est licencié à 52 ans. Il cherche alors un nouveau CDI, en vain. Au cours des entretiens d’embauche, son âge n’est pas abordé, mais son expérience ou ses compétences sont systématiquement jugées surdimensionnées pour le poste. « En France, les recruteurs ont du mal à comprendre ce qu’un quinqua est capable de leur apporter, déplore-t-il. Pourtant, il peut transmettre son savoir-faire et son expérience, est souvent moins individualiste qu’un junior, et plus fidèle ! »
2005, une année noire.

Claude Amsili contacte alors des clients de CA chez lesquels il avait travaillé afin de leur proposer ses services en indépendant, tout en continuant de chercher un poste fixe. Si 2004 se passe bien, 2005 est une année noire, où il ne décroche ni contrat ni embauche, malgré les CV qu’il envoie. Parce que « tout est bon à prendre pour rester actif », il suit des séances de coaching afin d’aborder les entreprises avec des méthodes différentes, perfectionne son anglais via une formation financée par l’ANPE, et s’inscrit dans une association de cadres en recherche d’emploi. Les affaires reprennent en 2006, toujours chez un ancien client. Mais il se doute que cela ne durera pas. La base d’utilisateurs de PRMS en France est insuffisante pour le faire vivre. Même s’il sait diriger un projet et connaît le métier de la production, il pâtit de sa méconnaissance des produits de SAP, d’Oracle, de JDE ou de Microsoft. Il doit se diversifier. « J’ai cherché des formations consacrées à SAP ou à Oracle, mais elles étaient financièrement inabordables pour moi », ou pour être prises en charge par l’Apec et l’ANPE. Claude Amsili poursuit sa recherche d’emploi et effectue, parfois, des missions. Il accepte même de postuler pour un salaire inférieur à ce qu’il touchait avant son licenciement, mais il ne trouve toujours pas…

En juin dernier, il tombe sur une annonce pour une formation au PGI Dynamics AX de Microsoft. Ce programme de cinq mois de cours, initié par l’organisme de formation Avolys, l’Unedic, et Microsoft, est réservé à des quinquas en recherche d’emploi. Et, il y a justement une cession axée sur la production. Le cursus est gratuit. Pour valider la formation, les participants doivent effectuer un stage chez l’une des entreprises partenaires de l’éditeur. Claude Amsili postule, sa candidature est retenue par trois SSII. Il choisit Edifixio, qui monte de toutes pièces un pole PGI. La SSII lui propose un CDI avant même le début de son stage. « Même si les concepts restent les mêmes d’un produit à l’autre, aujourd’hui, je connais en détail les menus de Dynamics, je sais lancer les procédures, etc. Par ailleurs, j’ai découvert le monde des PC alors que j’évoluais jusqu’à présent dans l’univers d’IBM. ‘ Cette mise à jour de ses compétences produits l’aide à rebondir et à être de nouveau séduisant sur le marché du travail, et ce malgré son âge. « Depuis que j’ai retrouvé un poste, je suis redevenu crédible et désirable aux yeux des chasseurs de têtes qui me sollicitent à nouveau. »

Claude Amsili (Edifixio) : « je mets en pratique mes connaissances métier dans un nouveau PGI »
De 1976 à 1979 : chef de projet dans différentes sociétés de services.
De 1980 à 1988 : responsable informatique d’une grosse PME.
De 1988 à 1991 : chef de projet, puis responsable division PGI de Producsys.
De 1991 à 2003 : chef de projet, puis directeur de projet chez CA et SSA Global.
De 2004 à 2007 : indépendant, consultant senior en PGI.

Depuis décembre : directeur de projet chez Edifixio.
Ne pas mentionner son âge sur son CV. Pour éviter que le recruteur ne l’écarte avant même de l’avoir lu.
Eviter de préciser que l’on n’est pas en poste. Mieux vaut laisser entendre que l’on est en mission.
Cibler les annonces et ne pas s’éparpiller. En tant que quinqua, cela ne sert à rien de répondre à des offres qui requièrent de 2 à 3 ans d’expérience ou un salaire trop bas.
Etre flexible et adaptable. Ne pas manifester trop d’exigences, tout en gardant sa dignité.
Si ça vous tente…

L’avis du coach : Aborder autrement le marché de l’emploi
Faire le deuil du poste que l’on occupait. Retrouver un CDI à salaire équivalent est un objectif difficile à atteindre pour les seniors. Les éditeurs et SSII leur préfèrent les moins de 45 ans. Comme l’a fait Claude, mieux vaut se demander de quelle rémunération on a besoin pour vivre correctement, plutôt que de s’accrocher à son ancien salaire.
Toujours rester actif. Etre en activité s’avère primordial. Les missions que Claude a menées en tant qu’indépendant l’ont aidé à maintenir et à développer ses compétences, en restant dans le monde du travail. Plus que n’importe qui d’autre, un quinqua doit rassurer l’employeur potentiel et lui démontrer l’expertise qu’il peut apporter. Plus un senior sera actif, plus il aura de chances de retrouver un poste.
Mener une veille efficace. Les seniors négligent souvent de surveiller leur marché, les dispositifs de formation, etc. C’est pourtant fondamental. Lire la presse, surfer sur internet, entretenir son réseau relationnel aident à rester en contact avec les nouveautés de son secteur. C’est parce qu’il est resté en alerte, même quatre ans après son licenciement, que Claude a connu l’existence de cette formation sur Dynamics. Il a fait preuve de ténacité et ne s’est pas découragé.

Elisabeth Montauzé, consultante à l’Apec (Association pour l’Emploi des Cadres)