Par Cyrille Thieullet (promo 2011)

J’ai découvert il y a plus d’un an cette nouvelle formation, m’y suis inscrit plein d’enthousiasme et de joie. J’ai été séduit par le contenu proposé, sa pluralité, son ouverture, la diversité, la qualité, la passion et l’engagement de ses intervenants. J’y ai trouvé une nouvelle approche dans la relation d’aide à autrui à travers un sens aiguë et bienveillant de l’humain, de son écoute. J’y ai appris à aimer, en vous écoutant, le questionnement. Ma vie a changée, ma relation par rapport aux autres s’en trouve encore plus épanouie depuis et je tiens en préambule à vous en remercier tous du fond du cœur.

Le monde de Némo

Coacher ? Le coaching ? Facile, après 15 ans au sein d’un « prestigieux » cabinet de conseil qui vante à ses clients qu’il va leur apprendre à nager en forme de requin grâce à ses méthodes rigoureuses, éprouvées ; évidement coacher je sais faire avec toutes ces personnes que j’ai accompagnées à nager…

Amerrissage en premier cours avec le skipper général Roland: Le coach questionne et ne donne pas de conseils. Premier choc, première certitude qui coule, première bouée canard qui se dégonfle : Comment vais-je bien pouvoir aider « mon » coaché en lui posant des questions et sans lui donner de conseils ?

« Pourquoi ?» c’est quand même plus simple et pratique: le client sait répondre ok, il ne sait pas je lui dis ma solution, et, si je n’en ai pas : nous passons à autre chose.

Alors « pourquoi » une autre méthode !?!

Comment ? En quoi ? Qu’est ce qui ? Troublant comme approche. Et puis le skipper général nous dit que nous n’avons pas les réponses pour notre coaché. Et à quoi nous servons alors ?
Pas grave, d’ailleurs les autres skippers auront peut être un autre avis, qui sait ? Et il me reste d’autres bouées canard : les techniques et les outils. Ca c’est du concret et ça rassure.

Quelques séances plus tard, le suspense intenable est désespéré. Je suis à sec de rustines pour colmater mes canards gonflables avec cette autre certitude : plus de bouée.

Les outils ne sont qu’un moyen parmi d’autres et restent au service de l’écoute du coaché. Le coaché s’écoute à l’aide des outils mis à sa disposition.

Panique, j’y étais, dans l’eau, 20000 lieu sous les mers, sans bouée, à devoir apprendre à nager mais en forme de quoi ? Les skippers tous en cœur : C’est à moi de trouver ma forme de coaching!!!! Bien voyons, vous parlez d’une croisière ! Et dire que j’ai payé pour cela !

S’il te plait…dessine-moi un coach?

L’éthique, la déontologie, le contrat sont au coach ce que les cloches sont aux troupeaux. Des aides bienveillantes pour savoir où je suis et si je suis bien le troupeau. Plusieurs types de cloches, plusieurs troupeaux, un son toujours là, avec vous, pour vous rappeler où vous êtes (le cadre) et qui vous êtes en tant que coach (la posture).

« Ça c’est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans. » Antoine de Saint Exupéry

La fameuse posture ! Autant de skippers autant de postures ; et toutes plus passionnantes et uniques les unes que les autres, pourtant, le même son de cloche. Ils sont forts ces coachs….

La posture de coach qui me convient? Elle est en moi entonnent les skippers : dans ma « caisse »…et c’est exactement celle que j’espérais.

Beaucoup de questions, de doutes, de discussions ou débats (intérieurs ou pas), de la supervision et des tâtonnements avec « mes » premiers coachés, de « tests » avec mes proches, pour esquisser, dessiner, imaginer la forme à ma première posture : confortable, compatible, pertinente et unique.

Comment trouver le « bon » coaché ?

Facile, il n’y a qu’a ouvrir le carnet d’adresse…prendre deux ou trois amis et lancer le travail. Quelques illusions de départ…Pas si simple me suggérèrent en cœur les skippers, difficile de recadrer un ami, le doux son de l’éthique et de la déontologie qui tintent, et j’ai fini par ressentir tranquillement que pour moi aussi c’était une impasse.

Et puis c’est le coaché qui nous choisi, pour nos atouts et nos travers, en ce sens c’est toujours un « bon » coaché car il nous « aime » : que ça fait du bien (tiens et si j’allais m’allonger un peu pour en parler…).
Cependant, j’ai vite trouvé que ça se compliquait car il semblerait que c’est le coaché qui nous reconnait coach, mais de quel droit ! Et ma belle posture ? Et encore un canard qui se dégonfle.

D’où cette question paradoxale:
En quoi trouver mon coaché « bon » fait de moi un « mauvais » coach ?

Mieux vaut y voir clair et avoir une super vision bien veillante…j’ai retenu que le coaché n’est ni bon, ni mauvais : Il est. Je trouve aujourd’hui que c’est déjà suffisamment accaparant comme cela.

Cyrille Thieullet (Promo 2011)