Par François CHARTON

Darwin nous enseigne que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui auront su s’adapter à leur environnement.
Gageons qu’il en sera de même pour les entreprises et ses dirigeants : à quoi et surtout à qui devront-ils s’adapter ? Prenons comme seul angle d’attaque l’adaptation aux futurs « managés ».

Point besoin d’être grand clerc pour imaginer que leur niveau de qualification et d’expertise sera plus élevé. Aussi, demain encore plus qu’aujourd’hui le manager encadrera une multitude de personnes dont le niveau d’expertise ou de spécialisation dans un domaine sera plus élevé que le sien. Le modèle du chef d’orchestre ou du coach sportif supplantera celui du super contremaître.Développer l’intelligence collective et l’efficacité d’une équipe d’experts dans un contexte de fortes mutations tel sera le défi et la valeur ajoutée des futurs managers.

Parmi les nombreuses qualités nécessaires pour relever ce challenge focalisons nous sur la compétence qui nous parait primordiale : la capacité à faire prendre du recul à une équipe ou un individu (en l’occurrence un expert).

Comment aiguiser cette compétence ?
Tout management bien ordonné commençant par soi-même, le manager s’auto appliquera des temps de prise de recul et de rendez-vous avec lui-même : introspection, respiration, session de coaching, voyage, écriture, sieste, lecture, etc..). Il devra prendre le temps… de prendre du temps et oser se ménager des récréations pour se re-créer.

Pour favoriser la prise de recul de ses collaborateurs il pourra également puiser son inspiration dans quelques principes des coachs sportifs d’aujourd’hui :

« Pour être prêt mentalement, il faut déjà être prêt physiquement ». Au delà du bienfait physique et de l’augmentation de l’endurance le sport peut permettre au manager comme aux collaborateurs de penser d’une façon différente. Il favorise ce que les psychologues nomment des états modifiés de conscience. Le DG d’une importante société de conseil disait ainsi : « mes meilleures idées me viennent pendant les footings… rarement au bureau ».

« Le repos fait partie de l’entraînement » : dans un souci de performance professionnelle durable, il sera attentif pour lui comme pour son équipe aux signaux faibles de fatigue et en l’occurrence favorisera voire imposera à titre préventif des temps de repos.

« Ce n’est pas je gagne donc je suis heureux mais je suis heureux donc je gagne ». Le plaisir est une composante clé de la performance. Le sport comme le monde de l’entreprise ne s’apparentent pas à celui de L’école des fans, pour autant, entraîneurs comme managers ont tout intérêt à se concentrer sur les conditions matérielles comme relationnelles qui favorisent une bonne qualité de vie au travail.

François Charton
Article diffusé dans la revue management de Gdf Suez en juin 2011

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